Lire les visages en classe – mieux comprendre les élèves
- Daniel Neuhaus

- 10 nov. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 déc. 2025
Pourquoi la lecture du visage peut devenir un nouvel outil pour les enseignant·e·s

EIl ne faut souvent que quelques secondes pour que nous ayons une première impression en classe ou lors d’une conversation avec des élèves. Nous ressentons que quelque chose « ne va pas ». Ou nous remarquons qu’une personne semble incertaine, tendue ou dépassée, sans qu’elle n’ait prononcé un seul mot.
Suggestion de lecture : Qu’est-ce que la lecture du visage ?
Mais qu’est-ce que nous percevons exactement ? Et à quel point utilisons-nous cette perception de manière consciente ? C’est précisément là que le Face Reading intervient. Comme complément aux compétences pédagogiques, et non comme un remplacement.
Table des matières
Le défi dans le système éducatif
Les enseignant·e·s sont aujourd’hui confronté·e·s à des tâches qui vont bien au-delà de la simple transmission de connaissances :
Classes hétérogènes avec des contextes sociaux très différents
Inclusion d’enfants ayant des besoins éducatifs particuliers
Pression croissante due à la numérisation, aux évaluations et à la performance scolaire
Conflits en classe, qui exigent empathie et sensibilité
Beaucoup d’enseignant·e·s disent : « Je vois bien qu’il se passe quelque chose, mais je ne sais pas comment l’interpréter. »
C’est précisément dans cette zone floue que naissent l’incertitude, les malentendus et parfois même l’escalade.
Face Reading – Pas de magie, mais une perception entraînée
Le Face Reading est l’art de reconnaître les traits de personnalité, les schémas émotionnels et les besoins intérieurs à partir des expressions visibles sur le visage. Il ne s’agit pas de mettre les élèves dans des cases, mais de percevoir plus finement ce qui est déjà visible :
Mécanismes de protection : reconnaître quand un enfant se ferme extérieurement alors qu’il est intérieurement dépassé.
Tensions émotionnelles : voir les signes de stress, de sensibilité élevée ou de conflit intérieur.
Style de communication : certain·e·s réagissent directement et avec intensité, d’autres se replient. Cela se voit non seulement dans le comportement, mais aussi dans l’expression.
Un regard entraîné aide à interpréter les signaux non verbaux, au lieu de simplement les ressentir de manière diffuse.
Application pratique – Comment les enseignant·e·s en bénéficient
1. Mener des entretiens avec les parents plus clairement
Si des parents réagissent de manière défensive ou trop protectrice, le visage peut donner des indications sur leur posture intérieure, ce qui permet d’adapter la communication.
2. Désamorcer les conflits en classe
Un élève est-il vraiment irrespectueux ou simplement surstimulé ? Le Face Reading aide à faire la différence et à éviter les malentendus.
3. Reconnaître tôt les talents et potentiels
Le visage ne montre pas seulement les mécanismes de protection, mais aussi la créativité, la capacité d’organisation ou l’assurance. Ce sont des éléments précieux pour l’accompagnement pédagogique.
Liste de contrôle : 3 questions pour le prochain cours
L’expression du visage est-elle cohérente avec ce que l’enfant dit ?
Est-ce que je vois des signes de stress, de gestes d’auto-apaisement ou d’incertitude qui ne sont pas exprimés verbalement ?
Quelle posture est-ce que j’adopte moi-même – résonance ou distance ?
Ces questions aident à percevoir les rencontres plus consciemment et à réagir plus précisément.
Mini étude de cas
Une enseignante témoigne :
« Après avoir suivi la formation spécialisée, j’ai commencé à observer plus consciemment les signes sur le visage de mes élèves. Une élève, en particulier, a attiré mon attention. Chaque fois que je l’appelais, elle rentrait discrètement les lèvres vers l’intérieur. Un petit geste, presque imperceptible. Avant, je ne l’aurais probablement même pas remarqué.
Pendant la formation, j’avais appris que ce mouvement des lèvres est souvent un geste d’auto-apaisement – une façon pour le corps de réguler ses émotions face au stress intérieur.
Pour la première fois, j’ai osé aborder ce que j’avais perçu, avec douceur :
« J’ai l’impression que quelque chose t’inquiète chaque fois que je m’adresse à toi. »
La suite m’a vraiment surprise. L’élève n’a pas dit qu’elle avait peur de ne pas connaître la réponse. Elle m’a plutôt expliqué que chaque fois que je la désignais du doigt pour l’interroger – ce que je faisais souvent – cela déclenchait une forme d’angoisse chez elle. Je n’y avais jamais vraiment réfléchi.
C’est là que j’ai compris : le problème ne venait pas de ses connaissances, mais d’un déclencheur inconscient dans notre interaction. J’ai alors changé volontairement mon geste et j’ai cessé de pointer du doigt. Cela a tout changé. Peu à peu, l’élève s’est ouverte – et le mouvement des lèvres a complètement disparu. »
C’est exactement là que se voit l’impact. Un changement de perspective peut transformer la relation.
Conclusion : Voir davantage, agir plus clairement
Le Face Reading peut aider les enseignant·e·s à percevoir plus consciemment les signaux subtils des élèves et à les interpréter plus justement.
Pas pour juger trop vite.
Mais pour comprendre plus profondément.
Parce que les enfants montrent souvent bien plus qu’ils ne peuvent exprimer avec des mots. Et ceux qui apprennent à lire ces signaux peuvent non seulement mieux accompagner les élèves sur le plan scolaire, mais aussi leur offrir davantage de compréhension, d’équité et d’empathie.
➡️ Dans le Spezialtraining « Mieux comprendre les élèves – Face Reading pour enseignant·e·s », je montre comment affiner sa perception et l’appliquer dans le quotidien pédagogique.
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